La France et la Grande-Bretagne se partagent la gestion de la crise migratoire

20 août 2015 Non Par Les_migrants_afrique

La France et la Grande-Bretagne se partagent la gestion de la crise migratoire

La France et le Royaume-Uni s’apprêtent à signer jeudi à Calais un accord de coopération bilatérale sur la gestion de la crise des migrants.

Paris et Londres vont mettre en place un « centre de commandement et de contrôle commun » à Calais (Pas-de-Calais) pour tenter de lutter contre les réseaux qui font passer les migrants en Angleterre. C’est la principale annonce que devaient faire le ministre de l’intérieur français, Bernard Cazeneuve, et son homologue britannique, Theresa May, à l’occasion d’un déplacement jeudi 20 août dans la ville qui accueille plusieurs milliers de migrants.

Les deux ministres doivent y signer un accord de coopération bilatérale, qui prévoit que ce centre, placé sous double commandement, fasse travailler ensemble policiers français et britanniques. Moins d’une dizaine de policiers britanniques devraient toutefois y travailler, selon les informations du Monde. Ils s’ajouteront aux policiers desborder force, déjà présents de manière permanente à Calais pour contrôler les frontières.

Il s’agit surtout de faire oublier les joutes du début de l’été, lorsque la Grande-Bretagne reprochait à la France une situation chaotique et que celle-ci s’agaçait de jouer le bras policier de son voisin. Jeudi, Londres a également officialisé le versement d’une enveloppe de 10 millions d’euros, qui vient s’ajouter à une contribution de 15 millions d’euros sur trois ans annoncée en septembre 2014 pour sécuriser le port de Calais. Une rallonge de 10 millions d’euros avait déjà été décidée début août. « Ça fait 35 millions d’euros en tout, c’était zéro il y a un an », insiste t-on au ministère de l’intérieur français.

« Clôtures, vidéosurveillance, projecteurs lumineux… »

Le camp de migrants baptisé "nouvelle jungle", à Calais, le 14 août 2015.

Les moyens alloués par les Britanniques doivent permettre un renforcement de la sécurité du site à travers des recrutements et un dispositif de « clôtures, de vidéosurveillance, de technologie de détection infrarouge et de projecteurs lumineux ». Quelque 1 300 policiers et gendarmes français sont actuellement mobilisés sur Calais, a rappelé le ministère de l’intérieur.

Mais la rallonge de 10 millions d’euros doit aussi servir pour la première fois un volet« humanitaire », consistant à « faciliter les retours volontaires » vers les pays d’origine qui pourraient s’ajouter aux éloignements forcés – 1 000 personnes depuis le début de l’année. Cette somme pourrait surtout financer 1 000 places d’hébergement pour les demandeurs d’asile, « à une distance significative de Calais ». Actuellement, un candidat à l’asile attend « entre trois et six mois pour accéder à un hébergement »,rappelle Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile.

Un « soutien aux personnes vulnérables » doit enfin être financé à travers des« logements protégés ». Actuellement, le centre d’accueil Jules-Ferry, qui jouxte le camp, héberge une centaine de femmes et d’enfants. Mais il est saturé depuis plusieurs semaines. Les migrants vivent dans des conditions « inhumaines et indignes » jugeait en juillet la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Début août, c’est le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui proposait que les casernes inoccupées soient utilisées pour loger les migrants.

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